Le Maire, le curé, l'instituteur, les paysans et toute la population d'Auvers attendent anxieusement. Qui donc? Les Parisiens bien sûr ! Les villageois les ont invités le temps d'un samedi et d'un dimanche pour leur montrer de quelle manière, ici à Auvers, on savait faire la fête. Mais où sont-ils ces parisiens ? Le tout nouveau chemin de fer n'est pourtant jamais en retard. Enfin les voilà ! Arrivant à pied de la gare, en calèche, en aéroplane, en barque, ils ont répondu à l'appel. La fanfare peut lancer la fête. Pendant deux jours, et deux jours seulement; le pays de cocagne, ce "joyeux pays imaginaire où l'on trouve tout en abondance", est devenu une réalité à Auvers. Son existence a été d'ailleurs révélée par l'apparition d'un mat de cocagne au centre d'Auvers. La fête de la cocagne fleure bon la belle époque et ses plaisirs. Des festivités à la fois musicales, théâtrales, picturales mais aussi sportives et gastronomiques. Cet événement populaire est avant tout la fête des Auversois qui sont en grande partie les acteurs de ces deux journées, épaulés par des artistes professionnels. Les organisateurs de la fête de la Cocagne ont tenu à ce que les invités ne soient pas cantonnés au rôle de simples spectateurs. Ils sont interpellés, pris à parti par tout un cheptel de personnages disséminés dans le village. Sur la place de la Mairie, on se presse autour des baraques foraines, du manège, des orgues de barbarie et du tréteau où l'on joue du théâtre de foire. Vous pouvez tester votre force au planté de clous et au bras de fer, votre adresse aux fléchettes ou aux billes, etc ... De multiples attractions distraient les petits et les grands, tout en partageant le plaisir de retrouver des activités simples. Des refrains et des airs populaires bercent cette tranche de temps. Dans les restaurants, les cafés, sous la tonnelle on ripaille à la sauce 1900. Pendant ce temps, sur le pont de l'Oise, les premiers relayeurs du relais des couleurs sont aux ordres de l'arbitre. La journée s'achève avec un apéritif -concert mais la fête n'est pas terminée. Ils s'appellent Jack O' Lanterne et nous viennent de Rennes, cité qui couve quelques uns des meilleurs groupes français à venir. Ils sont sept, six garçons et une fille et nous jouent du ... rock-musette ! Et oui, terminée la guerre des générations. Nicki, le chanteur du groupe l'assure : "Notre contrat est rempli quand on parvient à faire danser les jeunes et les moins jeunes au même rythme". Leurs compositions originales rappellent les Négresses Vertes tandis que leurs reprises d'Aristide Bruant ne manquent pas de réveiller la nostalgie de l'époque impressionniste.